Explorer la Lune et Mars avec des robots mobiles

Je me suis rendu hier soir au Forum des images, à Paris. Francis Rocard y donnait une conférence sur les différentes missions robotisées envoyées vers la Lune et Mars, depuis le début de la conquête de la Lune jusqu’aux derniers rovers envoyés sur Mars, avant d’évoquer les futures missions.

Après l’exposé de Francis Rocard,  on réalise le caractère extrêmement difficile de telles opérations : du décollage à l’entrée dans l’atmosphère, les possibilités pour que quelque chose ne tourne pas rond sont innombrables. Même une fois arrivé sur place, le succès d’une mission robotisée ne peut être assuré à 100 %. Ainsi, le rover Spirit s’est enlisé dans les sables martiens tandis que la dernière sonde envoyée sur la planète rouge, Phoenix, s’est révélé quasiment incapable de faire un prélèvement satisfaisant du sol gelé sur lequel il avait atterri.

Malgré tout, la technique progresse et les robots sont de plus en plus sophistiqués. Aérofreinage, techniques d’évitement des obstacles, outils permettant de sélectionner puis d’étudier telle ou telle roche : à chaque nouvelle mission, les scientifiques américains et européens apprennent à ne pas renouveler les erreurs précédentes.

Malgré tout, je reste persuadé que les robots les plus avancés, y compris ceux dotés d’une intelligence artificielle performante, ne pourront pas se substituer éternellement à l’intervention humaine :

  • D’abord parce que le succès d’une mission reste trop dépendant de l’état du robot : à terme, il ne sera plus admissible que des pépins aussi minimes qu’un enlisement fassent tomber à l’eau toute une mission. A minima, il serait bon que le robot soit piloté depuis l’orbite martienne ou depuis l’un des deux satellites de Mars. Les récentes orientations prises par la NASA (un vol en orbite autour de Mars avant d’aller s’y poser) vont dans ce sens ;
  • Ensuite parce-qu’il y aura donc des choses trop risquées pour son intégrité physique qu’un robot ne pourra pas faire : Francis Rocard nous montrait comment Opportunity dut se contenter d’un chemin moins escarpé, mais aussi moins intéressant géologiquement, pour descendre dans le cratère Victoria. Un humain aurait pu, sans grand risque, aller inspecter l’affleurement de roche quelques mètres plus loin.

Pour autant, je n’approuve pas l’opposition systématique entre vos robotisés et habités. L’existence même de projets tels que le pilotage de rovers martiens depuis l’orbite tend à montrer, au contraire, leur complémentarité. En revanche, j’aurais tendance à repousser l’argument selon lequel il faut du vol habité pour faire de « l’exploration » et pour faire rêver les foules. A court terme, cela peut fonctionner (cf. Apollo). A long terme, il s’agira de faire de la science, de la prospection voire du tourisme.  Je dirais plutôt qu’il faut du vol habité afin de faire « plus que les robots« , pour reprendre les mots du spationaute français Michel Tognini, cité par 20minutes.fr. En effet, une seule mission habitée pourrait faire beaucoup plus qu’une dizaine de sondes robotisées incapables de parcourir plus que quelques kilomètres sur la surface martienne.

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