L’ascenseur spatial, de la science-fiction à l’étude de cas

Après un rayon laser pour propulser une fusée, des nanotubes de carbone pour construire un ascenseur spatial ? Et puis quoi encore ? De la science-fiction à la réalité, il y a un gouffre que la science s’apprête, une fois encore, à combler.

L’ascenseur spatial fait partie de ces idées a priori farfelues nées dans l’esprit d’écrivains plus ou moins sérieux. Parmi les plus crédibles, on compte tout de même des pointures de l’acabit d’Arthur C. Clarke – excusez du peu – dans « Les fontaines du Paradis » ou Kim Stanley Robinson avec la Trilogie martienne. L’idée était destinée à en rester au stade des récits de prospective car, jusqu’à présent, toutes les hypothèses visant à tendre un câble entre la terre ferme et un contrepoids placé à 36 000 kilomètres d’altitude ont été rendues caduques par un inconvénient majeur : aucun matériau ne pourrait empêcher le câble de casser et/ou de s’effondrer son son propre poids.

Image NASA

Le développement des nanotechnologies et plus particulièrement des nanotubes de carbones sont en train de faire passer le rêve d’un ascenseur spatial à la réalité. Ca et aussi le fait que lancer des charges en orbite à l’aide de fusées coûte toujours aussi cher que dans les années soixante et que l’idée d’un ascenseur spatial, en plus d’être poétique, intéresse les agences spatiales pour le coût de la charge utile, bien moindre que celui des fusées, une fois l’investissement initial dudit ascenseur consentit.

Les nanotubes de carbone sont de petit tubes creux faits de molécules de carbone entrelacées. Ainsi assemblées, de telles structures sont à l’épreuve de tensions énormes. Un tube de la largeur d’un fil pourrait ainsi supporter le poids d’une voiture. Dès lors, pourquoi ne pas s’en servir pour construire un tel « fil » de plusieurs mètres de diamètres et d’une longueur de 36 000 km ?

Le câble serait maintenu en tension par la force de gravité terrestre au niveau du sol et par la force centrifuge au niveau du contrepoids sur lequel vous installerez une station service, un snack-bar-souvenirs pour touristes, à votre convenance. Entre les deux, installez un ascenseur capable de convoyer charges et passagers. Mais prévoyez de la place et des divertissements. Pour ne pas écraser ses occupants sous l’accélération, le véhicule ne pourra dépasser une certaine vitesse et les voyages pourraient durer plusieurs jours jusqu’au sommet.

Depuis quelques années, l’idée intéresse au-delà des cercles littéraires au point que, sur une échelle allant de la science-fiction à la science, le concept d’ascenseur spatial est aujourd’hui plus près de la seconde. C’est ce que croit un nombre croissant d’équipes à travers le monde, du King’s College de Londres à la NASA, en passant par la Spaceward foundation, la Japan Space Elevator Association. Une conférence spécialement dédiée réunit même chaque année les scientifiques impliqués dans ces divers projets. Des initiatives bien concrètes, pour une idée qui relevait de la science-fiction il y a seulement quelques années.

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