La meilleure façon d’aller sur Mars ? Ne pas chercher à revenir.

Les projets actuels de voyage habité vers Mars ne prévoient pas de mission avant 2035. Mais une idée est récemment sortie de l’esprit quelque peu dérangé de deux chercheurs américains, Dirk Schultze-Makuch et Paul Davies. Il ont ainsi imaginé que deux vaisseaux chacun habités par deux personnes fassent le voyage de six mois vers Mars, à peu près au même moment. Rien de révolutionnaire par rapport aux projets habituellement imaginés. A une différence près : les astronautes signeraient ici pour… un aller simple vers la planète rouge. Une idée folle ? Pas si sûr : le concept permet d’économiser beaucoup d’argent et de moyens et, figurez-vous, les volontaires se bousculent à la porte.

Les quatre têtes brûlées seraient suivies dans leur voyage par une flux continu de vivres et de colons. Mais qui serait assez fou pour accepter l’idée de partir sur une planète pour y vivre à jamais en vase clos, sauf pour les sorties en scaphandre, et ne jamais remettre le pied sur Terre ? A cette question sensée, les deux chercheurs rétorquent qu’un tel engagement n’a rien de plus spectaculaire que celui accepté par les premiers colons européens foulant le sol du Nouveau Monde, sachant qu’ils ne reverraient jamais l’Ancien.

Et, ne vous y trompez-pas, ce ne sont pas des scientifiques que ces messieurs veulent envoyer sur Mars mais de simples pionniers. Leur but est la colonisation de Mars, qu’ils considèrent comme un pas essentiel pour la sauvegarde de la race humaine vis-à-vis d’une catastrophe planétaire. Ils veulent assurer qu’au moins une petite portion de notre espèce survive à un évènement majeur.

Concrètement, dans ce plan, la première colonie martienne serait située près d’une grande grotte de glace, ce qui permettrait à la fois de protéger ses habitants des radiations et de leur donner accès à de larges quantités d’eau et d’oxygène. Les premiers colons devraient être relativement âgés, vers 60 ans. L’explication : l’exposition aux radiations réduit l’espérance de vie et endommage les organes reproducteurs. Il est donc préférable d’envoyer d’abord des personnes qui ne seront « pas affectées par ces problèmes« .

Toutefois, le vrai problème serait moins la résistance physique des astronautes que leur capacité à psychologique à supporter le fait d’être 150 fois plus isolés que n’importe quel être humain avant eux. Les deux chercheurs parient sur une assistance psychologique à distance ainsi qu’un lien de communication constant avec la Terre. Je me demande juste ce qu’aurait de « constante » une telle communication quand la réponse à un message met plusieurs minutes à revenir, du fait de la limitation posée par la vitesse de la lumière. Cela ne semble pas décourager les volontaires pour autant : début 2011, ils étaient plusieurs centaines à avoir spontanément écrit au Journal of Cosmology, qui a publié l’article des deux chercheurs, pour proposer leur services à cette entreprise.

Comment financer un tel projet ? Dirk Schultze-Makuch et Paul Davies, qui semblent avoir réponse à tout, proposent de trouver « un milliardaire excentrique qui aurait l’argent pour faire de ce projet une réalité ». S’ils cherchent toujours, j’ai quelqu’un à leur proposer qui envisage avec le plus grand sérieux du monde de prendre sa retraite sur Mars.

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