La Station Spatiale Internationale, ni touchée ni coulée

Mettre la Station Spatiale Internationale (ISS) hors service en 2020, seulement 9 ans après avoir terminé sa construction ? On a cru en avoir la confirmation cette semaine avec les déclarations du directeur adjoint de Roscosmos, l’agence spatiale russe. Il n’en est finalement rien, Vitaly Davydov n’ayant fait qu’exposer des objectifs initiaux qui prévoyaient il y a quelques années encore de détruire ISS dès 2016 en la coulant dans l’océan Pacifique. En réalité, l’administration Obama a déjà obtenu que sa durée de vie soit étendue « au-delà de 2020 » et ISS a donc de beaux jours devant elle. De laboratoire spatial, elle pourrait se transformer en simulateur de missions spatiales lointaines.

Se féliciter qu’une station terminée en 2011 ne soit pas envoyée à la poubelle dès 2020 n’empêche pas de se demander à quoi ISS va servir dans les prochaines années. Il ne sera pas possible de justifier éternellement d’envoyer des femmes et des hommes à bord pour y mener des expériences en micro-gravité.

Or, les futures missions habitées vers la Lune, vers des astéroïdes ou vers Mars nécessiteront de maîtriser parfaitement les technologies et les techniques qui rendent ces voyages possibles. Dans ces conditions, y-a-t-il environnement plus propice qu’ISS pour se préparer (avec tout le respect dû aux pionniers de Mars 500) ? Bonne nouvelle : l’Agence Spatiale Européenne (ESA) a confirmé, le 27 juillet, qu’ISS serait utilisée dans ce cadre-là.

Les expériences menées sur ISS au quotidien sont déjà essentielles aux futures missions habitées. L’astronaute de l’ESA Paolo Nespoli en a mené plus de 30 durant les six mois de sa mission « MagiSStra ». Elles permettent par exemple de mesurer les radiations auxquelles seront exposées les voyageurs ou les effets de l’apesanteur sur notre équilibre et nos mouvements.

Pour autant, les technologies actuelles ne permettent pas encore d’assurer à un équipage un système de support de vie indépendant de tout ravitaillement venu de la Terre. Cette extension de la durée de vie d’ISS est donc essentielle si nous voulons envoyer un jour des hommes vers des destinations lointaines. D’ici 2020, nous avons de bonnes chances de voir apparaître ces avancées techniques qui permettront aux occupants d’un vaisseau spatial de vivre en parfaite autonomie même si, pour cela, ils pourraient avoir à boire leur propre urine recyclée

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