Des cités dans les nuages ?

Je suis tombé, dernièrement, sur ce diaporama publié sur le site io9, intitulé « Ces cités flottant dans les nuages de géantes gazeuses ». Au-delà de la beauté de certaines de ces images, je me suis posé la question suivante : peut-on imaginer, sans tomber dans la science-fiction la plus délirante, qu’il puisse exister un jour de telles cités et pour quelle utilité ? Il s’avère que, comme souvent, il suffit de gratter le vernis de l’improbable pour voir où les scénariste de films de SF sont allés chercher leurs idées.

Vous en prendrez bien une tranche, Seigneur Vador ?

Si de telles villes sont rares en science-fiction, on en trouve un exemple dans le plus célèbre des space-operas : dans l’Empire Contre-Attaque, une colonie nommée Cloud city se trouve perchée dans les nuages d’une planète gazeuse, Bespin. Ce que nous précise le site starwars.wikia.com, c’est que Cloud City n’est rien d’autre qu’une mine exploitant les gaz qui l’entourent en permanence. Elle flotte à 60 000 kilomètres au-dessus du noyau de sa planète-hôte, une géante gazeuse par ailleurs parfaitement inhabitable.

 
 

Lando Calrissian est un sale traître mais il a la classe intersidérale, tout comme sa cité dans les nuages

Évidemment, cela n’empêche pas Lando Calrissian de sortir respirer l’air de ladite planète, sans aucune protection, ni d’ajouter aux niveaux supérieurs de son village dans les nuages maintes attractions, hôtels de luxe, casinos, pour le plus grand confort de tous, Républicains ou…Impériaux. Bref, laissons passer l’envie de balayer du revers de la main les approximations scientifiques : qu’y a-t-il de plausible là-dedans ? Pourra-t-on un jour construire de telles installations et comment ?

Ce sont des réserves de carburants fantastiques

Les planètes géantes de notre système solaire sont riches en gaz potentiellement intéressants. Certains de ces gaz, l’hélium-3 par exemple, pourraient devenir le nouveau pétrole d’une économie transposée à l’échelle interplanétaire.

Or, l’idée d’aller siphonner l’atmosphère des géantes gazeuses du système solaire externe (Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune) pour les acheminer vers le système solaire interne est en train de faire son bout de chemin. Pour les plus terre-à-terre, l’usage en serait domestique : approvisionner en carburant les vaisseaux faisant la navette à l’intérieur du système solaire. Pour les plus rêveurs, les richesses gazières d’Uranus pourraient servir de carburant aux missions interstellaires. C’est ce que défend le projet Icarus, un étude sur cinq ans visant à démontrer la possibilité d’envoyer une sonde inhabitée vers une étoile voisine.

Mais ici, pas question de construire une cité dans les nuages. Les stations-service du futur ressembleraient plutôt, ici, à des ballon-sondes qui descendraient « cueillir » l’hélium 3 très bas dans l’atmosphère ouranienne.

Ce à quoi une exploitation minière d'Uranus pourrait ressembler : des balons récoltant l'hélium-3 à destination du système solaire interne ou pour voyager vers les étoiles

Pas de cité flottante, donc. Mais comment acheminer tout cela ? Les responsables du projet Icarus parient sur l’énergie de fusion fournie par l’hélium-3. Avec elle, un cargo à deux étages de 500 tonnes pourrait être envoyé à vide vers Uranus en 70 jours, avec seulement 114 tonnes de carburant. Il repartirait avec un chargement de 614 tonnes vers la Terre, utilisant environ 254 tonnes de carburant. Du chargement arrivé en orbite terrestre, 114 tonnes seraient utilisées pour renvoyer le cargo vers Uranus, tandis que 500 tonnes seraient destinés à d’autres vaisseau et au marché énergétique terrestre.

Rendre possible une exploration de Vénus

L’autre raison d’envisager la construction de cités flottant dans des nuages serait de rendre envisageable une mission sur Vénus. Car, inutile de se faire la moindre illusion : une exploration de la surface de cette planète par des êtres humains relève, au mieux d’un défi technique hors de notre portée pour le siècle qui vient.

La raison en est relativement simple : sur Vénus, il y fait plus chaud que dans un haut-fourneau, il y pleut de l’acide sulfurique et la pression au niveau du sol est telle que tout se retrouve écrasé en quelques minutes. Un peu comme cette sonde russe qui a tout juste eu le temps d’envoyer l’unique photo de la surface de Vénus à ce jour :

Image prise par la sonde russe Vénéra en 1982 / Crédits: Venera 13/Don P.Mitchell

Et je vous passe le calvaire que cela représenterait pour un humain souhaitant marcher à la surface :


 
Pourtant, Vénus pourrait bien être la seconde planète la plus « habitable » du système solaire. Comment ? En y installant des cités flottantes, pardi ! En montant assez haut dans l’atmosphère. A une certaine altitude, la pression baisse jusqu’à revenir à des niveaux standard, la chaleur s’estompe, vous êtes au-dessus des pluies d’acide. Qui plus est, à cet endroit, l’air que nous respirons sur Terre est moins dense que l’air vénusien. Donc, enfermez votre ville, station ou je ne sais quelle structure dans un ballon rempli d’air (vous pouvez aussi y accrocher des ballons géants), elle flottera.

« The problem with Venus is merely that the ground level is too far below the one atmosphere level. At cloud-top level, Venus is the paradise planet.” Geoffrey A. Landis (NASA’s Glenn Research Center)

Hypothèse de poste avancé flottant visant à étudier Vénus à seulement 40km au dessus de la surface, maintenu en l'air par des conteneurs pleins de gaz légers (hydrogène et oxygène). (Image : "Anynobody")

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