Stations spatiales : à quoi ressemblera ISS 2 ?

La Station spatiale internationale n’est plus toute seule là-haut puisque le module chinois Tiangong 1 est en orbite depuis septembre 2011. Mais leur destins vont se croiser car la fin d’ISS est déjà programmée. Et si sa mise à la retraite a pu être repoussée jusqu’à 2020, voire 2028, il n’est pas prévu pour l’instant de la remplacer. Pourtant, il existe bien des projets, à plus ou moins long terme, de successeurs à ISS. Tour d’horizon des suites à donner à l’expérience ISS.

Une station gonflable ?

 Une capsule Dragon de SpaceX en cours d'amarrage à un hôtel gonflable Bigelow

Une capsule spatiale en cours d’amarrage à un hôtel gonflable Bigelow

Les seuls sujets de discussion entre les partenaires internationaux du projet ISS concernent la façon dont la station sera désorbitée et l’éventuelle réutilisation de ses modules pour des missions dans l’espace. Les agences partenaires, notamment la NASA, n’ont aucune intention de construire une nouvelle station, surtout sans coopération internationale. Les seuls projets de station en orbite basse reposent donc entre les mains du secteur privé, ce qui aujourd’hui se résume à une entreprise, Bigelow Aerospace et ses hôtels gonflables.

Ces modules, dont Bigelow a déjà lancé des prototypes en orbite basse, s’inscrivent dans le prolongement du tourisme suborbital et serviraient à des séjours courte durée. Mais vendus à des agences ou à d’autres entreprises telles que SpaceX, ils pourraient rendre caducs les débats autour d’un successeur à ISS. Louer une station entière rien que pour soi : un rêve que les pays partenaires d’ISS n’ont jamais pu réaliser et qui pourrait, demain, devenir accessible aux tour-opérateurs. De quoi rendre la future destruction d’ISS plus supportable ?

Un avant-poste installé sur une lointaine orbite ?

Il est permis de décrier les expériences menées à bord d’ISS, mais la station spatiale internationale aura au moins eu le mérite de préparer les partenaires internationaux à l’étape suivante de l’exploration du système solaire : des voyages et des séjours humains au-delà de l’orbite terrestre basse. L’enjeu : prouver la faisabilité de missions lointaines vers les Astéroïdes et Mars. Des groupes de travail soucieux de poursuivre l’expérience des vols habités au-delà de l’orbite basse proposent de mettre à profit l’expérience acquise avec ISS pour atteindre ce but. Pour cela, pourquoi ne pas installer des avants-postes habités aux points de Lagrange en recyclant des éléments existants ou non déployés de la Station spatiale internationale ? Sans que ce soit trop loin – il est possible de revenir sur Terre en quelques jours – cette plateforme d’exploration pourrait être rapidement mise au service de l’exploration humaine.

Cette solution aurait l’avantage de bénéficier de l’expérience gagnée avec ISS avant que celle-ci ne soit perdue ; l’expérience pourrait être menée dans le cadre des partenariats internationaux existants ; elle pourrait palier au fait que les projets de vol habité vers Mars mettent trop l’accent sur la propulsion, par exemple, et pas assez sur le confort de vie des astronautes dans leur habitat ; enfin, dans le cadre financier actuel, elle permettrait d’utiliser du matériel recyclé pour concentrer les dépenses sur des missions plus ambitieuses.

Un anneau, une sphère ou un cylindre…

Les concepts de stations spatiales n’ont pas toujours ressemblé à un empilement de boîtes de conserve mais on ne peut reprocher aux partenaires internationaux actuels de vouloir faire plus avec moins. Mais rêvons un peu : si les lanceurs du futur tiennent leurs promesses (Le SLS de la NASA, le Falcon Heavy de SpaceX, la future Ariane…), ils seront capables de mettre de grandes quantités de matériaux en orbite à moindre coût. Si l’on assiste à un boom immobilier en orbite, plus rien n’arrêtera les rêves de grandeurs des promoteurs de l’espace et ce sont de véritables « Dubaï volantes » qui pourraient pousser au-dessus de nos têtes.

Dans les esprits de leurs concepteurs, à l’époque de la course à la Lune, ces îles de l’espace avaient des noms exotiques : Torus de Stanford, sphère de Bernal ou cylindre d’O’Neill

Comme en écho à ce rêve, la vénérable « Space Review » relayait en avril le lancement de lancement d’une « Great Enterprise Initiative » par l’Institut des Etudes Spatiales (SSI) américain. Or, la SSI a été créée en 1977 par un certain… Gerard K. O’Neill, à l’origine du concept de station en forme de cylindre reprise par Arthur C. Clarke dans son roman « Rendez-vous avec Rama« . Son but : soutenir les recherches visant à créer une présence humaine permanente dans l’espace.

Cliquez sur l’image pour découvrir l’intérieur d’un cylindre de O’Neill

Si la SSI ne propose pas de station aussi démesurée, son projet est assez intelligent et réaliste. L’une des stations envisagées, le « E-Lab », est conçue pour former un système de vie en boucle fermée (closed-loop life support system). Un autre projet, nommé « G-Lab », devra aider à comprendre les effets d’une gravité partielle sur les organismes et répondre à la question suivante : quel niveau de gravité minimum est nécessaire pour permettre aux êtres humains de vivre dans l’espace ?

Une tente

Enfin, pour ceux qui n’auront pas les moyens de se payer une chambre d’hôtel en orbite, reste une solution moins onéreuse :

– Voir d’autres vidéos sur la playlist « Space settlements » de la National Space Society

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2 commentaires pour Stations spatiales : à quoi ressemblera ISS 2 ?

  1. Marc dit :

    Selon les dernières infos dont on dispose (http://www.nasaspaceflight.com/2012/06/nasa-teams-evaluating-iss-built-exploration-platform-roadmap/), l’idée américaine d’un avant-poste orbital au point L2 Terre-Lune (derrière la face cachée de la Lune) semble sérieusement envisagée, et en relative bonne voie!
    J’ajouterais que les Russes ont évoqué un projet de station spatiale en orbite lunaire basse (LOS: http://en.wikipedia.org/wiki/Lunar_Orbital_Station), lancée depuis une future fusée Angara, et qui viendrait compléter une base lunaire habitée. J’ignore cependant où en est le projet. Ils étudient en tout cas sérieusement la possibilité de détacher le segment russe de l’ISS, pour maintenir une activité en orbite basse terrestre au-delà de 2020.

    (Et je crois qu’il y a une coquille au début de l’article: ne serait-ce pas plutôt un Boeing CST-100, dans la 1ère image? Ou à la rigueur la future capsule Liberty d’ATK? En tout ça n’est pas un Dragon!)

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