Explorer les corps du système solaire… en avion : vol au dessus d’un nid de cratères

Les rovers, c’est bien mais un peu lent. A la vitesse où ils se traînent, Opportunity et Curiosity, les deux bolides encore actifs sur Mars, auront exploré la totalité de la planète rouge dans environ plusieurs millions d’années. Ne pourrait-on pas couvrir un peu plus de terrain par la voie des airs ?

Imaginons que vous puissiez emmener votre Cessna et partir explorer d’en haut les planètes et lunes de notre système solaire. Comment votre coucou se comporterait-il si on le lâchait dans l’atmosphère épaisse de Vénus ou celle, quasi inexistante, d’Europe ?

Dans la plupart des cas, sans atmosphère, vous aurez un cratère à votre nom. Seul neuf corps du système solaire possèdent une atmosphère suffisamment dense pour y voler : la Terre, Mars, Vénus, Jupiter, Saturne et sa lune Titan, Uranus, Neptune et le soleil lui-même bien que, dans ce dernier cas, c’est sous forme de vapeur que vous risquez de voler.

En revanche, voler sur Mars serait difficile mais pas impossible. La NASA a même envisagé d’explorer Mars par avion. La difficulté, c’est qu’avec une atmosphère aussi fine, vous avez intérêt à aller vite : Mach 1 rien que pour décoller et assez d’inertie pour rendre presque impossible la moindre manœuvre. Vous pouvez comparer ça au pilotage d’un avion supersonique. Vous avez votre qualif’ ?

Photo Kenny Mitchell (CC)

Photo Kenny Mitchell (CC)

Sur Vénus, en revanche, l’atmosphère épaisse assurerait un vol tranquille. Dommage que l’appareil prenne feu instantanément et se mette à fondre. En revanche, à 55km au dessus de la surface, les conditions de température et de pression sont remarquablement similaires à celles de la Terre. Tout de même, n’oubliez pas le masque à oxygène, une combinaison vous protégeant des pluies d’acide sulfurique et attendez-vous à être un peu secoués par des vents catégorie 5 permanents.

Photo : BlackBirdCD (CC)

Photo : BlackBirdCD (CC)

Sur Jupiter, notre Cessna ne pourrait pas voler. La gravité, trop forte, attirerait l’appareil dans les couches profondes de l’atmosphère. Bonne nouvelle : vous ne pouvez pas vous écraser, vu que Jupiter ne possède pas de surface solide à proprement parler. C’est la pression qui s’en occupe.

Sur Saturne, Uranus ou Neptune, la gravité est un peu plus faible ; vous pourrez voler un peu plus longtemps avant que l’appareil ne plonge, ne gèle ou se disloque sous l’effet des turbulences.

Quitte à choisir, emmenez votre Cessna sur Titan. Le vol y est encore plus agréable que sur Terre : atmosphère épaisse mais gravité moindre : vous pourriez vous y propulser avec des pédales, à la force de vos jambes, voire vous prendre pour Icare et décoller avec des ailes accrochées aux bras. Mais la comparaison avec le fils de Dédale s’arrête là : vos nouveaux appendices ne finiront pas brûlées par le soleil mais par le froid : il fait -200°C sur Titan, température à laquelle vous ne tomberez pas dans de l’eau de mer mais dans des lacs de méthane liquide.

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