La Lune, Mars, et après ?

La Lune et Mars seront les deux premiers corps du système solaire habités par des humains. Il n’y a guère de débat là-dessus. Mais une fois la Lune transformée en paradis pour randonneur et Mars en terre d’asile, quels mondes iront-nous explorer et coloniser ? Un astéroïde géocroiseur, comme le prévoyait encore récemment la NASA ? Descendre au chaud du côté de Vénus ou Mercure, partir se perdre dans la ceinture d’astéroïdes ou monter se geler autour des géantes gazeuses ?

La Lune aiguise déjà l’appétit des futurs tours-opérators de l’espace. Avec de la chance, elle accueillera d’ici 50 ans, outre des touristes en mal de sensations fortes, la plupart des industries polluantes terriennes et suffisamment de retraités en quête d’une moindre gravité pour sauver nos systèmes par répartition. Après tout, notre satellite est une destination naturelle pour l’exploration spatiale : c’est un peu la banlieue proche de la Terre, le dernier continent à n’avoir pas encore été exploré par l’Homme (la surface totale de la Lune est comprise entre celle de l’Afrique et celle de l’Asie). C’est surtout pour certains un véritable El Dorado qui possède les ressources indispensables à l’établissement d’une civilisation pan-solaire.

Quant à Mars, les grandes lignes du projet qui mènera l’humanité à conquérir Mars sont déjà connues. On sait même déjà à quoi ressemblera les vaisseaux qui assureront les navettes. Sa ressemblance avec la Terre et la possibilité d’y découvrir une vie passée ou présente en font naturellement une destination prioritaire.

Laissons donc de côté notre sélène voisine et la planète rouge. Une fois ces deux mondes habités, il restera 81 mondes à explorer dans le système solaire. Où commencer ? La ceinture d’astéroïdes, source quasi infinie de matières premières, devrait être la suite logique de la conquête de Mars. Son exploitation permettrait notamment de subvenir aux ressources des habitants de la planète rouge sans avoir à les faire parvenir depuis la Terre. Dès lors, il serait intéressant de cocher le plus gros en premier, l’astéroïde Cérès, et d’en faire le principal point de chute de la Ceinture. A très long terme, cette planète naine pourrait même devenir le point stratégique le plus important du système solaire, entre le système solaire interne et le système solaire externe.

En théorie, les ressources dont disposent la ceinture d’astéroïdes devraient suffire à faire vivre les économies terrienne, lunaire et martienne pendant longtemps. Mais les  richesses que représentent les géantes gazeuses, à commencer par le système jovien, pourraient à leur tour représenter un intérêt économique ou attirer les colons. Il faut dire que les nombreuses lunes tournant autour de Jupiter et de Saturne en font des systèmes solaires en miniature qui seront probablement assez riches et auto-suffisants. Autour de Jupiter et Saturne gravitent des mondes plus grands que la Lune ou Mars. Callisto, Ganymède ou Titan pourraient devenir les nouveaux cœurs économiques du système solaire.

Quelle est la lune la plus cool du système solaire ? Un tableau pour choisir votre destination

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En dehors de ces six mondes – Lune, Mars, Cérès, Ganymède, Callisto et Titan, les autres corps du système solaire resteront probablement à jamais vides d’habitants ou presque. Mercure à cause de sa proximité avec le Soleil et Vénus à cause des conditions qui règnent à sa surface. Les satellites situés au sein des « ceintures de radiation » de Jupiter – Io, Europe – et de Saturne – Mimas, Encélade, Téthys, Dioné et Rhéa – pourraient également rester à jamais vides. Enfin, les environs d’Uranus ou de Neptune seront sans doute visités sans être colonisés, en raison de leur éloignement.

PS : Petit conseil de lecture : la série de romans du « Grand Tour » de Ben Bova, qui décrit étape par étape la conquête du système solaire par l’humanité par le biais de ses implications économiques et sociétales.

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3 commentaires pour La Lune, Mars, et après ?

  1. Elie dit :

    La colonisation de la Lune, Mars, Cérès serait potentiellement possible, même si on ne sait pas encore les effets de la gravitation martienne ou d’autres sur le corps humain.

    Le risque étant pour des colons natifs de Mars par exemple, que le coeur, muscles et squelette s’adaptent en conséquence (muscles plus fins, os plus fragiles et plus longs etc) et qu’ils ne puissent plus revenir sur Terre (à cause d’une gravité 2.5 supérieur)

    Le problème ne se poserait sans doute pas pour la Lune, étant très proche de la Terre: les sélénites n’auraient qu’à revenir périodiquement sur Terre pour éviter ce genre de désagrément.

    Quant à Cérès et aux objets de la ceinture d’astéroïdes, leurs très faibles gravités permettraient la construction de Tore de Stanford ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Tore_de_Stanford ). Les colonies disposeraient d’une gravité 1G (donc terrestre) ainsi que d’une protection intégrale face aux radiations spatiales.

    Mercure et Vénus sont sans doute à oublier (températures et conditions extrêmes, forts puits de gravité)

  2. Elie dit :

    Quant aux lunes des géantes gazeuses, il faudrait savoir si leurs colonisations seraient d’une quelconque utilité oO

    D’abord les lunes galiléennes: Io, Europe sont plongés dans les ceintures de radiations de Jupiter. Même Ganymède avec son champ magnétique n’est pas protégé!
    Seul Callisto présente un taux de radiation proche des standards terrestres. Mais pour y faire quoi?
    http://en.wikipedia.org/wiki/Colonization_of_the_outer_Solar_System#The_Jovian_system

    Les satellites de Saturne sont dans la même situation; seul Titan est protégé grâce à son épaisse atmosphère.
    Mais Titan est un enfer de glace là ou Vénus est un enfer de feu: température moyenne de -180 degrés (on a un mal fou à isoler nos bases en Antarctique alors sur Titan…), présence de cyanure d’hydrogène (mortel pour l’homme même en très petite quantité; http://fr.wikipedia.org/wiki/Cyanure_d%27hydrog%C3%A8ne#Toxicit.C3.A9_pour_l.27homme ), pluies de méthane liquide (rares mais existantes).
    Les combinaisons et bases utilisées sur Titan devraient donc être parfaitement étanches et isolées thermiquement. Je mets de coté le fait que le mélange oxygène-méthane est explosif… une petite décompression et c’est la fête x)

    Certains scientifiques ont parlé d’utiliser les géantes de glaces pour l’extraction d’hélium3 ( http://news.discovery.com/space/project-icarus-helium-3-mining-uranus-110531.htm ).
    Leurs ceintures de radiations seraient beaucoup moins dangereuses que celles de Jupiter et de Saturne. Les lunes Titania et Obéron (pour Uranus) et Triton (pour Neptune) peuvent devenir des cibles de choix pour d’éventuels colons.

    Quant à Pluton, Sedna et autres objets de la ceinture de Kuiper, je ne m’avance pas! Colonisation possible mais toujours avec des générateurs à gravité profondément enterrés (tore de Stanford, Sphère de Bernal, …) mais là encore: pour y faire quoi?

    • Vincent dit :

      La question « pour y faire quoi » apporte plusieurs réponses. Il y a celle, basique, qui est un argument cher à Stephen Hawking : envoyer sur un ou plusieurs autres corps du système solaire des « sauvegardes de l’humanité ». Dans le cas où un cataclysme anéantirait l’Homme sur Terre, ces colonies permettraient à l’espèce de survivre.

      Mais cela ne dit pas pourquoi tel ou tel corps devrait être colonisé plutôt qu’un autre. La Lune paraît tellement évidente ; aussi proche, elle pourrait être considérée comme un continent de la Terre, une extension. Mars peut devenir une Terre bis sauf à lui accorder un statut similaire à l’Antarctique (la découverte de vie ou pas sera déterminante). La Ceinture d’Astéroïdes peut devenir le grenier à matières premières du système solaire. Quant à Callisto, la question de son utilité comme colonie se pose dans un avenir si lointain qu’il serait presque ridicule de l’envisager aujourd’hui. Il faudrait que les ressources de la Ceinture d’Astéroïdes ne s’avèrent plus suffisantes ou, plus vraisemblablement, qu’elles soient accaparées par un groupe données d’entités privées ou politiques. Il serait alors nécessaire à la population alors grandissante du système solaire d’aller exploiter les ressources des géantes gazeuses, à commencer par la plus proche, Jupiter, qui est notamment riche en Hélium3. Callisto pourrait alors, à l’abri des radiations joviennes, faire office de base arrière.

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